Histoire de la ville de Grenoble

Histoire de Grenoble : Les origines antiques

Les premières références à ce qui est aujourd’hui Grenoble remontent à 43 av. Cularo était alors un petit village gaulois de la tribu des Allobroges, près d’un pont sur l’Isère. Trois siècles plus tard, trois siècles plus tard, alors que l’insécurité s’installe dans la fin de l’empire romain, un fort mur fut érigé autour de la petite ville en 286 après J. -C.

L’empereur Gratian visita Cularo et, touché par l’accueil populaire, fit du village une ville romaine.

En l’honneur de cela, Cularo fut rebaptisée Gratianopolis (“ville de Gratian”) en 381 (elle devint Graignovol au Moyen Âge puis Grenoble).
Le christianisme s’est répandu dans la région au IVe siècle, et le diocèse de Grenoble a été fondé en 377 après J. -C. Dès lors, les évêques exercent un pouvoir politique important sur la ville. Jusqu’ à la Révolution française, ils se faisaient appeler les “évêques et princes de Grenoble”.

Moyen Âge

Après l’effondrement de l’empire romain, la ville fit partie du premier royaume de Bourgogne au Ve siècle et du deuxième royaume bourguignon d’Arles jusqu’en 1032, date à laquelle elle fut intégrée au Saint-Empire romain. La règle Arletian a été interrompue entre 942 et 970 en raison de la règle arabe basée dans Fraxinet.

Grenoble a connu une croissance significative au XIe siècle lorsque les comtes d’Albon ont choisi la ville comme capitale de leur territoire. À l’époque, leurs possessions étaient un patchwork de plusieurs territoires éparpillés dans la région.La position centrale de Grenoble permet aux comtes de renforcer leur autorité.

Lorsqu’ils prirent plus tard le titre de “Dauphins”, Grenoble devint la capitale de l’Etat du Dauphiné.

Malgré leur statut, les comtes devaient partager l’autorité sur la ville avec l’évêque de Grenoble. L’un des plus célèbres d’entre eux était Saint Hugh. Sous son règne, le pont de la ville a été reconstruit, et un hôpital ordinaire et un hôpital pour lépreux ont été construits.

Les habitants de Grenoble profitèrent des conflits entre les comtes et les évêques et obtinrent la reconnaissance d’une Charte des coutumes qui garantissait leurs droits.Cette charte a été confirmée par les rois Louis XI en 1447 et François Ier en 1541.

En 1336, le dernier Dauphin Humbert II fonda une cour de justice, le Conseil delphinal qui s’installa à Grenoble en 1340. Il a également fondé l’Université de Grenoble en 1339. Sans héritier, Humbert vendit son état à la France en 1349, à condition que l’héritier de la couronne française utilise le titre de Dauphin. Le premier, le futur Charles V, a passé neuf mois à Grenoble. La ville reste la capitale du Dauphiné, désormais province de France, et les États du Dauphiné sont créés.

Le seul Dauphin qui gouverna réellement sa province fut Louis XI, dont le “règne” dura de 1447 à 1456. Ce n’est que sous son règne que Dauphiné rejoint le Royaume de France.

L’Ancien Conseil Delphinal est devenu Parlement (troisième en France après les Parlements de Paris et Toulouse), renforçant le statut de Grenoble en tant que capitale provinciale. Il ordonne également la construction du Palais du Parlement (fini sous François Ier) et s’assure que l’évêque s’engage à lui prêter allégeance, forgeant ainsi l’union politique de la ville.

Grenoble était alors un carrefour entre Vienne, Genève, l’Italie et la Savoie. C’était le centre industriel du Dauphiné et la plus grande ville de la province, mais néanmoins assez petite.

Découvrir un reportage sur l’histoire de Grenoble

Renaissance : Grenoble devient une ville européenne

François de Bonne, duc de Lesdiguières
En raison de la situation géographique de Grenoble, les troupes françaises ont été cantonnées dans la ville et sa région pendant les guerres d’Italie. Charles VIII, Louis XII et François Ier se rendirent plusieurs fois à Grenoble. Son peuple a donc dû souffrir des exactions des soldats.

La noblesse de la région a pris part à diverses batailles (Marignano, Pavie) et a ainsi acquis un prestige important.Le plus connu de ses membres était Bayard,”le chevalier sans crainte et sans reproche”.

L’histoire de Grenoble est marquée par les guerres de religion françaises. Le Dauphiné était en effet un important règlement pour les protestants et a donc connu plusieurs conflits. Le baron des Adrets, chef des Huguenots, pilla la cathédrale de Grenoble et détruisit les tombes des anciens Dauphins.

En août 1575, Lesdiguières devient le nouveau chef des protestants et, grâce à l’accession d’Henri IV au trône de France, s’allie au gouverneur et au lieutenant-général du Dauphiné. Mais cette alliance n’ a pas mis fin aux conflits. En effet, un mouvement catholique, la Ligue, qui prit Grenoble en décembre 1590, refusa de faire la paix. Après des mois d’agressions, Lesdiguières a battu la Ligue et repris Grenoble. Il est devenu le chef de toute la province.

Lesdiguières devient lieutenant-général du Dauphiné et administre la province de 1591 à 1626. Il commença la construction de la Bastille pour protéger la ville et ordonna la construction de nouveaux remparts, ce qui augmenta la capacité de la ville.

Grenoble pendant la Révolution française, une histoire tourmentée

Le jour des Carreaux

La révocation de l’édit de Nantes par Louis XIV provoqua le départ de 2 000 protestants de Grenoble, affaiblissant l’économie de la ville. Mais elle a aussi affaibli l’industrie du gant de Grasse, laissant les usines de gants de Grenoble sans concurrence.Cela a permis un développement économique plus fort de la ville au XVIIIe siècle. Par exemple, au début de ce siècle-là, seulement 12 ganters fabriquaient 15 000 douzaines de gants par année; mais en 1787,64 ganters en fabriquaient 160 000 douzaines chaque année.

La ville a acquis une certaine notoriété le 7 juin 1788 lorsque les habitants ont attaqué les troupes de Louis XVI au “Jour des tuiles”. Le peuple s’est attaqué aux troupes royales pour empêcher l’expulsion des notables de la ville, ce qui aurait sérieusement mis en danger la prospérité économique de Grenoble. Suite à ces événements, l’Assemblée de Vizille a eu lieu. Ses membres ont organisé la rencontre des anciens États généraux, amorçant ainsi la Révolution française. Pendant la Révolution, Grenoble était représenté à Paris par deux illustres notables, Jean Joseph Mounier et Antoine Barnave.

En 1790, le Dauphiné est divisé en trois départements et Grenoble devient le chef-lieu de l’Isère. La ville a été rebaptisée Grelibre pour éviter l’association avec la noblesse démodée, et n’ a repris son ancien nom que sous Napoléon. Seules deux abbayes ont été exécutées à Grenoble sous le règne de la Terreur.Le Pape Pie VI, prisonnier de France, a passé trois jours à Grenoble en 1799 avant de se rendre à Valence où il mourut.

XIXe siècle : grenoble entre dans sa phase industrielle

Remparts près de la Porte Saint Laurent

L’implantation de l’Empire a été approuvée à une écrasante majorité (en Isère, les résultats ont montré 82 084 oui et seulement 12 non).20] Grenoble accueille pour la deuxième fois un pape prisonnier en 1809. Pie VII passa 10 jours dans la ville en route pour son exil à Fontainebleau.

En 1813, Grenoble est menacé par l’armée autrichienne qui envahit la Suisse et la Savoie. La ville bien défendue contenait les attaques autrichiennes, et l’armée française défait les Autrichiens, les forçant à se retirer à Genève. Cependant, l’invasion ultérieure de la France en 1814 a entraîné la capitulation des troupes et l’occupation de la ville.

Lors de son retour de l’île d’Elbe en 1815, Napoléon prend une route qui le mène près de Grenoble à Laffrey. Il y rencontra le cinquième régiment d’infanterie royaliste de Louis XVIII. Napoléon s’avança vers les soldats et dit ces fameux mots:”S’il y a parmi vous un soldat qui veut tuer son empereur, me voici.” Les soldats se sont tous joints à sa cause. Après cela, Napoléon fut acclamé à Grenoble et le général Jean Gabriel Marchand ne put empêcher Napoléon d’entrer dans la ville par la porte de Bonne. Il a dit plus tard:”De Cannes à Grenoble, j’étais encore un aventurier; dans cette dernière ville, je suis revenu souverain”.Mais après la défaite de Waterloo, la région subit une nouvelle invasion des troupes autrichiennes et sardes.

Fontaine des Trois Ordres (1897)

Le XIXe siècle vit le développement industriel important de Grenoble. Les usines de gants atteignent l’âge d’or et leurs produits sont exportés aux États-Unis, au Royaume-Uni et en Russie.

Le général Haxo transforma la forteresse de la Bastille, qui prit son aspect actuel entre 1824 et 1848. Le Second Empire voit la construction du réseau ferroviaire français et les premiers trains arrivent à Grenoble en 1858. Peu de temps après, Grenoble a été dévastée par les inondations de 1859.

En 1869, l’ingénieur Aristide Bergès joue un rôle majeur dans l’industrialisation de la production hydroélectrique. Avec le développement de ses papeteries, il accélère le développement économique de la vallée du Grésivaudan et de Grenoble.

Le 4 août 1897, une fontaine de pierre et de bronze fut inaugurée à Grenoble pour commémorer les événements pré-révolutionnaires de juin 1788. Construite par le sculpteur Henri Ding, la fontaine des Trois Ordres, qui représente trois personnages, est située sur la place Notre-Dame. Les Grenoblois interprètent ces personnages comme suit:”Il pleut?” s’enquiert le troisième domaine:”S’il vous plaît, le ciel, il a plu”, se lamente le clergé; et “Il pleuvra”, proclame la noblesse.

XXe siècle : Grenoble, une histoire de guerre et de combats

La Première Guerre mondiale accélère le développement économique de Grenoble.Pour soutenir l’effort de guerre, de nouvelles industries hydroélectriques se sont développées le long des différents fleuves de la région, et plusieurs entreprises existantes se sont installées dans l’industrie de l’armement (par exemple dans Livet-et-Gavet). Des usines électrochimiques sont également implantées dans les environs de Grenoble, d’abord pour fabriquer des armes chimiques. Ce développement a entraîné une immigration importante à Grenoble, notamment de travailleurs italiens qui se sont installés dans le quartier Saint-Laurent.

Le développement économique de la ville a été mis en évidence par l’organisation de l’Exposition internationale de l’hydroélectricité et du tourisme en 1925, qui a été visitée par plus d’un million de personnes. L’organisation de cette exposition obligea les militaires à enlever les vieux murs de la ville et permit l’expansion de la ville vers le sud. Cette exposition a également mis en lumière l’industrie hydroélectrique de la ville et les attraits touristiques de la région.

Le site de l’exposition est devenu un parc urbain en 1926, nommé Parc Paul Mistral après la mort du maire en 1932. Le seul bâtiment de cette exposition qui reste dans le parc est le Tour Perret, en ruine, fermé au public depuis 1960 à cause de son très mauvais état d’entretien.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, à la bataille des Alpes, l’invasion nazie est stoppée près de Grenoble à Voreppe par les forces du général Cartier en juin 1940. Les forces françaises ont résisté jusqu’à l’armistice. Grenoble faisait alors partie de l’Etat français, avant une occupation italienne de 1942 à 1943. La relative miséricorde des occupants italiens envers les populations juives a entraîné le déplacement d’un nombre important de personnes des régions occupées par les Allemands vers la région.
Grenoble a été extrêmement actif dans la Résistance contre l’occupation. Son action est symbolisée par des personnages comme Eugène Chavant, Léon Martin et Marie Reynoard. L’Université de Grenoble a soutenu les opérations clandestines et fourni de faux documents aux jeunes pour les empêcher d’être affectés à la STO.
En septembre 1943, les troupes allemandes occupent Grenoble, ce qui exacerbe le conflit avec les mouvements clandestins. Le 11 novembre 1943 (l’anniversaire de l’armistice de 1918), des grèves et des manifestations massives ont eu lieu devant les bureaux locaux de collaboration. En réponse, les occupants ont arrêté 400 manifestants dans les rues. Le 13 novembre, la résistance a fait exploser l’artillerie au Polygone, ce qui a été un choc psychologique pour un ennemi qui a ensuite intensifié la répression. Le 25 novembre, les occupants tuent 11 membres des organisations de la Résistance grenobloise. Cette répression violente a été surnommée “Saint-Barthélemy de Grenoble”. De ces événements, Grenoble a été stylisé par les Forces françaises libres le titre de Capitale du Maquis sur les antennes de la BBC.

Cet événement n’ a fait qu’intensifier les activités des mouvements de résistance grenoblois. Les Allemands n’ont pas pu empêcher la destruction de leur nouvel arsenal le 2 décembre à la caserne Bonne. Après le débarquement de Normandie, les opérations de résistance atteignent leur apogée, avec de nombreuses attaques qui entravent considérablement l’activité des troupes allemandes. Avec le débarquement en Provence, les troupes allemandes évacuent la ville le 22 août 1944. Le 5 novembre 1944, le général Charles de Gaulle vint à Grenoble et donna à la ville le Compagnon de la Libération pour reconnaître “une ville héroïque au sommet de la résistance française et du combat pour la libération”.

Une église historique de Grenoble

En 1955, Louis Néel, futur lauréat du prix Nobel de physique, crée le Centre d’études nucléaires de Grenoble (CENG) et donne naissance au modèle grenoblois, fruit d’une combinaison de la recherche et de l’industrie. La première pierre fut posée en décembre 1956.

En 1968, Grenoble accueille les Xèmes Jeux Olympiques d’hiver. Cet événement a permis de moderniser la ville avec le développement d’infrastructures telles qu’un aéroport, des autoroutes, un nouvel hôtel de ville et une nouvelle gare.Elle a également contribué au développement de stations de ski comme Chamrousse, Les Deux Alpes et Villard-de-Lans.

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